Nounou ou assistante maternelle : le vrai problème n'est pas le mot

Assistante maternelle tenant un contrat et un doudou, entre cadre professionnel et relation affective

Le débat revient régulièrement : faut-il dire « nounou » ou « assistante maternelle » ?

Certaines professionnelles se sentent jugées quand elles acceptent d’être appelées « nounou » par les enfants ou les parents. Comme si ce mot disait quelque chose de leur sérieux, de leur engagement, de leur professionnalisme.

Pourtant, derrière cette question de vocabulaire se cache un sujet beaucoup plus important : comment se faire respecter au quotidien, comment poser son cadre, comment tenir ses limites. Et ça, aucun mot ne le fait à la place

Nounou n'est pas le vrai problème

Se faire appeler « nounou » n’empêche pas d’être professionnelle.

Tout comme une enseignante reste professionnelle même si les enfants l’appellent « maîtresse » plutôt que « professeure des écoles ». Le titre officiel existe, mais ce n’est pas lui qui définit le sérieux, la compétence ou l’engagement.

Dans beaucoup d’accueils, les enfants et les parents utilisent ce mot naturellement. Il est simple, affectif, familier. Il fait partie du quotidien.

Et ce mot, à lui seul, ne dit rien du travail réel :

  • rien des compétences
  • rien de l’organisation
  • rien des responsabilités

Le problème n’est pas le mot. Le problème, c’est ce qu’on accepte derrière. Et ça arrive aussi bien aux professionnelles qui se font appeler « assistante maternelle » qu’à celles qui se font appeler « nounou ». Le mot ne protège de rien.

Les petits retards qu’on laisse passer. Les « tu peux me dépanner ? » de dernière minute. Les règles qu’on n’ose pas rappeler pour ne pas créer de tension.

Et ces situations peuvent arriver qu’on soit appelée « nounou », par son prénom ou autrement. Ce n’est pas une question de vocabulaire. C’est une question de cadre.

Pourquoi ce débat masque le vrai problème

Parfois, on entend dire que celles qui se font appeler « nounou » participent à la dévalorisation du métier. Qu’elles devraient corriger les parents, imposer le terme officiel, défendre la profession.

Ce reproche part souvent d’une bonne intention : vouloir faire reconnaître ce métier à sa juste valeur.

Mais il pose un vrai problème : il fait porter aux assistantes maternelles une responsabilité qui ne devrait pas reposer uniquement sur leurs épaules.

La dévalorisation du métier ne vient pas d’un mot utilisé au quotidien. Elle vient de choses beaucoup plus concrètes :

  • des salaires trop bas
  • un statut parfois précaire
  • peu de formations accessibles
  • beaucoup d’isolement

Demander à chaque professionnelle de « défendre le métier » en changeant de vocabulaire, c’est détourner l’attention des vrais sujets.

Et surtout, ça crée des divisions là où il faudrait de la solidarité. Alors que toutes partagent les mêmes difficultés — horaires, respect du cadre, charge mentale —, le débat se focalise sur un mot.

Deux façons de vivre les choses

Celles qui préfèrent « assistante maternelle »

Pour certaines, utiliser le terme officiel est important. Cela permet de rappeler le cadre, l’agrément, le statut, le fait que ce n’est pas juste de la garde « comme ça ».

Ça aide à se sentir légitime, à poser ses limites, à se protéger.

Et c’est complètement compréhensible.

Celles qui assument « nounou »

D’autres utilisent ce mot sans gêne. Il est simple, tout le monde comprend ce que ça veut dire, et il correspond bien au lien avec les enfants.

Pour elles, ce mot ne remet pas en cause leur sérieux. Elles savent ce qu’elles font, comment elles travaillent, et où sont leurs limites.

Se faire appeler « nounou » ne veut pas dire accepter n’importe quoi.

  • On peut se faire appeler « nounou » et refuser net un retard non prévenu
  • On peut aimer ce mot et faire respecter son contrat à la lettre
  • On peut être très affective avec les enfants et très ferme sur le cadre professionnel

Ce qui compte, ce n’est pas le mot. C’est ce qu’on accepte ou ce qu’on refuse derrière.

Un métier profondément humain

Ce métier, avant tout, c’est s’occuper de petits êtres humains.

Des enfants qui apprennent à marcher, à parler, à se séparer, à faire confiance.

C’est un travail fait de présence, d’attention, d’écoute. Un travail fatigant, exigeant, souvent invisible.

Ce n’est pas un métier froid ou administratif. C’est un métier de lien, de relation, d’émotion.

Et c’est justement pour ça que les frontières sont parfois floues : on travaille chez soi, on partage le quotidien des familles, on crée des liens forts.

C’est une richesse. Mais aussi une difficulté.

Le vrai enjeu : le cadre

La reconnaissance ne se joue pas dans les mots, mais dans la façon de travailler.

Elle se construit avec :

  • un cadre posé dès le départ
  • un contrat clair
  • des règles expliquées
  • des limites tenues

Dire oui est souvent plus simple que dire non.

Mais chaque fois qu’une limite n’est pas posée, c’est un peu plus difficile ensuite de se faire respecter.

Poser un cadre ne veut pas dire être froide ou distante. Ça veut dire se respecter, protéger l’enfant, et sécuriser la relation.

Quand on parle de cadre, ce n’est pas juste une idée abstraite. C’est quelque chose de très concret : ce qu’on accepte, ce qu’on refuse, ce qu’on explique, ce qu’on ose rappeler.

Pour beaucoup d’assistantes maternelles, poser un cadre est l’une des choses les plus difficiles du métier. Pas parce qu’elles ne savent pas ce qu’elles veulent, mais parce qu’elles ont peur de décevoir ou de créer un malaise.

Pourtant, comprendre ce qu’est un accueil de qualité et apprendre à poser des limites avec bienveillance aide énormément à se sentir plus solide et plus légitime. Ça ne s’improvise pas toujours, et ça s’apprend avec le temps, l’expérience et parfois un peu de soutien.

Et du côté des parents

Pour les parents aussi, le mot n’est pas le plus important.

Ce qui compte, c’est de comprendre comment fonctionne l’accueil : horaires, règles, organisation, communication.

Un parent qui respecte le cadre respectera la professionnelle, quel que soit le terme utilisé.

Nounou ou assistante maternelle : le vrai problème n'est pas le mot 2

Nounou, assistante maternelle… et si le vrai défi, c’était de poser son cadre ?

Ce débat vous parle ? Vous en avez marre de devoir vous justifier sur un mot alors que le vrai sujet, c’est comment tenir votre cap au quotidien sans vous épuiser ?

Dans Le Grand Guide de l’Assistante Maternelle, deux chapitres entiers vous donnent les outils concrets pour :

Dire non sans rompre le lien 
→ Gérer les retards, les demandes abusives, poser vos limites avec fermeté ET bienveillance

Rester alignée avec vos valeurs 
→ Alléger votre charge mentale, retrouver votre posture pro sans vous perdre

Le professionnalisme, ça ne se joue pas dans le titre qu’on vous donne.
Ça se construit dans le cadre que vous posez.

Ce métier est profondément humain. Il se situe entre le professionnel et le familial, entre cadre et relation de confiance.

Se faire appeler « nounou » ou « assistante maternelle », ce n’est pas le vrai sujet.

Le vrai sujet, c’est :

  • est-ce que le cadre est posé ?
  • est-ce que les règles sont respectées ?
  • est-ce que les limites sont claires ?

Une professionnelle qui tient son cadre, explique son fonctionnement et fait respecter ses règles n’a rien à prouver.

Qu’elle se fasse appeler « nounou », par son prénom ou autrement ne change rien à son sérieux.

Ce n’est pas le mot qu’il faut défendre. C’est le métier.

Et ça ne se fera pas en jugeant celles qui se font appeler « nounou ». Ça se fera en se serrant les coudes sur les vrais combats : salaires, statut, reconnaissance.

Et ça passe par des choses simples : être respectée, être soutenue, être reconnue pour ce qu’on fait vraiment, chaque jour.

Des réponses à vos questions

FAQ

Pas forcément. Le plus important, ce n’est pas le mot utilisé, mais le respect du cadre : horaires, règles, contrat. Corriger le vocabulaire sans poser de limites claires ne change rien sur le fond.

 

Non. Ce qui dévalorise le métier, c’est le manque de reconnaissance collective, les salaires trop bas, le peu de soutien et les limites floues dans les relations avec les parents. Le mot, à lui seul, ne dit rien du professionnalisme. Se focaliser sur le vocabulaire, c’est passer à côté des vrais combats.

 

En expliquant le fonctionnement dès la rencontre : horaires, règles, organisation, communication. Et en s’appuyant sur un contrat écrit, relu ensemble, pas juste signé.

En rappelant les règles calmement, dès les premiers écarts, et en s’appuyant sur le contrat plutôt que sur l’affect ou la peur de déplaire.

Oui. Le lien affectif fait partie du métier. Être proche des enfants n’empêche pas de poser un cadre, bien au contraire : ça sécurise tout le monde.

Dans le langage courant, aucune vraie différence. Ce qui compte, ce sont les compétences, le cadre, l’expérience et la qualité de la relation, pas le mot utilisé.

Non. La reconnaissance se construit dans la posture, le respect du cadre, la communication avec les parents et la cohérence au quotidien. Pas dans un titre.

En se rappelant que dire non, ce n’est pas être rigide, mais protéger son équilibre, son organisation et la qualité de l’accueil. S’appuyer sur le contrat et les règles fixées dès le départ permet de poser des limites sans se justifier en permanence.

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