Quel avenir pour le métier d’assistante maternelle ?

Mise à jour : septembre 2026

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Quel avenir pour les assistantes maternelles ? 1

Le métier d’assistante maternelle reste essentiel pour accueillir les jeunes enfants. Son avenir dépend de plusieurs éléments : le nombre de naissances, le remplacement des professionnelles qui partent à la retraite, les besoins des familles dans chaque secteur et les conditions de travail qui permettent de continuer ce métier.

La baisse des naissances peut réduire les demandes dans une commune, alors qu’à quelques kilomètres, des familles cherchent toujours une place. Une professionnelle peut avoir des places libres sans parvenir à gagner suffisamment. Une autre peut recevoir de nombreuses demandes tout en envisageant de quitter le métier.

Ces situations peuvent exister en même temps. Pour comprendre l’avenir de l’accueil individuel, compter les enfants et les places disponibles ne suffit pas. Il faut aussi regarder les horaires demandés, les possibilités réelles d’accueil et les conditions dans lesquelles les assistantes maternelles travaillent.

Les évolutions et mesures concernant le CMG, Pajemploi+ et la protection contre les impayés sont suivies dans le bilan des mesures concernant les assistantes maternelles après le rapport IGAS. Cet article s’intéresse aux changements de fond du métier et à ce qui peut permettre de continuer à l’exercer dans de bonnes conditions.

Sommaire

Moins de naissances, des besoins qui changent

Dans son bilan démographique 2023, publié le 16 janvier 2024, l’INSEE estimait le nombre de naissances à 678 000, avec un indicateur de fécondité de 1,68 enfant par femme. Ces chiffres permettent de comprendre la baisse des naissances à cette période. Ils ne décrivent pas la situation actuelle. Source : Sylvain Papon, Bilan démographique 2023, INSEE.

Pour une assistante maternelle, cette baisse peut se traduire très simplement : un enfant entre à l’école et sa place reste libre plus longtemps que prévu. Les appels deviennent moins fréquents, ou les familles recherchent des jours qui ne correspondent pas aux disponibilités.

La baisse des naissances peut donc rendre le remplacement des contrats plus difficile. Mais elle ne permet pas, à elle seule, de prévoir si une assistante maternelle trouvera du travail.

Le nombre de jeunes enfants dans un secteur dépend aussi des familles qui s’y installent ou qui déménagent. Leurs besoins d’accueil varient selon leur travail, leurs horaires, leurs trajets et les autres solutions disponibles. Un nouveau quartier peut apporter des demandes dans une commune où les naissances diminuent. À l’inverse, une population stable ne garantit pas que les demandes correspondront aux places proposées.

Moins de naissances peut signifier moins de demandes, alors que certaines familles restent sans solution. Il faut donc regarder précisément les besoins, les lieux concernés et les conditions d’accueil recherchées.

Manque de places et places libres peuvent coexister

Une place indiquée comme disponible ne répond pas forcément au besoin d’une famille.

Une disponibilité les lundis et mardis ne convient pas à des parents qui cherchent un accueil sur quatre jours. Une place qui se libère en septembre ne répond pas à un besoin immédiat. Une assistante maternelle proche du domicile peut aussi être difficile à choisir si le trajet impose un détour trop important pour aller travailler.

Du côté des professionnelles, une demande peut être impossible à accepter parce qu’elle tombe sur des heures déjà occupées, allonge trop la journée ou complique l’accueil des autres enfants.

Des différences parfois très locales

L’idée selon laquelle les campagnes manqueraient d’enfants et les villes manqueraient de places est trop simple. Les situations peuvent être différentes dans un même département, entre deux communes voisines et parfois entre deux quartiers.

Le logement, les transports, les lieux de travail des parents et les autres modes d’accueil influencent les possibilités de trouver une solution adaptée.

Une assistante maternelle installée depuis longtemps peut ainsi recevoir moins de demandes sans avoir changé sa façon de travailler. À l’inverse, une nouvelle professionnelle peut trouver des contrats dans un secteur où plusieurs départs à la retraite sont annoncés.

Avant de conclure qu’il manque des places ou qu’il y en a trop, il faut comparer les disponibilités réelles, les jours recherchés, les dates de début d’accueil et les départs prévus.

Un agrément ne dit pas combien une assistante maternelle travaille

Le nombre de places autorisées ne permet pas de savoir combien d’enfants sont réellement accueillis ni combien d’heures sont prévues dans les contrats.

Il faut aussi distinguer une activité réduite par choix d’une activité insuffisante faute de demandes adaptées. Une assistante maternelle peut souhaiter accueillir moins d’enfants pour préserver son équilibre. Une autre peut chercher depuis plusieurs mois à compléter ses contrats.

Sur une simple liste de places disponibles, les deux situations peuvent sembler identiques. Pourtant, les besoins de ces professionnelles ne sont pas les mêmes.

Les retraites ne garantissent pas la relève

Les données Urssaf et Onape citées dans le rapport IGAS font état de 237 000 assistantes maternelles en activité en 2023, contre 350 000 en 2013, soit une diminution d’environ un tiers en dix ans. Le rapport indique également que plus de 40 % des professionnelles en activité en 2019 devraient partir à la retraite d’ici 2030. Cette estimation concerne les professionnelles qui travaillaient en 2019, et non celles qui exercent aujourd’hui. Ces chiffres sont présentés dans le point sur les effectifs et les départs à la retraite issu du rapport IGAS.

Ces départs posent une question concrète : qui pourra accueillir les enfants dans le même secteur, avec une organisation adaptée aux besoins des familles ?

Une place supprimée ne sera pas forcément remplacée au même endroit. La nouvelle assistante maternelle peut habiter une autre commune, proposer d’autres horaires ou commencer son activité après plusieurs mois sans solution pour les parents.

Le remplacement des départs dépend aussi des possibilités d’installation. Pour exercer à domicile, il faut avoir un logement adapté, pouvoir réserver une partie de l’espace familial à l’accueil et accepter les changements que cette organisation entraîne pour les personnes qui vivent dans le foyer.

Commencer le métier et pouvoir continuer

Attirer de nouvelles candidates ne suffit pas si les premiers mois ne leur permettent pas de construire une activité qui leur apporte un revenu suffisant.

Au début, plusieurs apprentissages se cumulent : organiser l’accueil, établir une relation professionnelle avec les parents, expliquer ses choix éducatifs et trouver des contrats qui peuvent se compléter. La formation ne fait pas disparaître toutes les difficultés de cette période.

Une professionnelle peut être prête à accueillir et ne recevoir que des demandes très éloignées de ce qu’elle souhaite proposer. Elle peut aussi commencer avec un contrat satisfaisant, puis découvrir que les suivants allongent beaucoup ses journées sans lui apporter une activité assez stable.

Pour remplacer les départs, il faut donc aussi accompagner les débuts, éviter que les professionnelles s’épuisent et leur permettre d’envisager plusieurs années dans le métier.

De longues journées sans assez de contrats

Une longue journée d’accueil ne signifie pas que toutes les places sont occupées du matin au soir.

Un enfant peut arriver tôt, les autres plus tard, puis chacun repart à une heure différente. La journée reste longue, avec des moments où un seul enfant est présent. Le nombre de contrats, leur durée et la façon dont leurs horaires se complètent comptent autant que l’heure du premier accueil et du dernier départ.

Les petits contrats ne sont pas forcément un problème. Ils peuvent correspondre à un choix ou bien se compléter. Ils deviennent difficiles à gérer lorsqu’ils sont acceptés faute d’autres demandes et qu’ils empêchent ensuite de trouver une organisation satisfaisante.

Par exemple, un accueil de quelques demi-journées peut occuper une place sur plusieurs jours sans permettre d’accepter les demandes reçues ensuite.

Le manque d’activité ne se voit donc pas toujours dans l’emploi du temps. Une assistante maternelle peut consacrer une grande partie de sa semaine à son travail tout en cherchant à accueillir davantage d’enfants.

Cette situation peut aussi influencer les décisions prises lors d’un entretien avec une famille. Lorsque les demandes sont rares, refuser un horaire difficile ou maintenir une limite devient plus compliqué. La peur de garder une place vide peut conduire à accepter une organisation qui sera difficile à tenir par la suite.

Le travail avant et après l’accueil

Préparer les espaces avant l’arrivée des enfants, remettre le logement en ordre après leur départ, entretenir le matériel, ranger les documents ou répondre à une demande de rendez-vous : selon l’organisation de l’accueil, une partie du travail peut se dérouler lorsque les enfants ne sont pas présents.

Prises séparément, ces tâches peuvent sembler peu importantes. Mais lorsqu’elles se répètent chaque jour, elles peuvent réduire le temps disponible pour la vie personnelle et le repos.

Les passages qui suivent sur le travail peu visible, l’isolement, le domicile et la reconnaissance s’appuient sur le document de travail de Geneviève Cresson et François-Xavier Devetter, Les assistantes maternelles : conditions de travail et d’emploi, IRES, n° 02-2025, publié en 2025. L’IRES est l’Institut de recherches économiques et sociales. Il est distinct de l’IGAS, l’Inspection générale des affaires sociales. Une publication en 2025 ne signifie pas que toutes les données datent de 2025 : le document utilise plusieurs enquêtes plus anciennes. Les auteurs précisent aussi que les assistantes maternelles interrogées ne représentent pas l’ensemble de la profession. Cette étude aide à comprendre certaines difficultés, sans supposer que toutes les professionnelles vivent les mêmes situations.

Les exemples du quotidien proposés ci-dessous illustrent ces difficultés ; ils ne sont pas présentés comme des situations toutes décrites dans l’étude.

Du temps nécessaire, mais peu visible

Le temps passé à préparer le domicile et à le remettre en ordre peut ne pas être compté ni payé comme un temps de travail à part entière.

Au quotidien, cela peut correspondre aux jeux à vérifier avant l’accueil, aux couchages à préparer ou au matériel à nettoyer après le dernier départ. La journée de travail ne se termine donc pas toujours lorsque la porte se referme.

Il faut distinguer ce temps des dépenses liées à l’accueil. Acheter du matériel et passer du temps à l’entretenir sont deux choses différentes.

Lorsque ces tâches ne sont pas visibles, le métier peut sembler moins prenant qu’il ne l’est réellement. Les parents peuvent surtout voir les heures pendant lesquelles leur enfant est présent. L’entourage peut aussi sous-estimer le travail qui reste à faire ensuite.

Une maison qui est aussi un lieu de travail

Exercer chez soi évite les trajets pour aller travailler, mais peut rendre la séparation entre travail et vie privée plus difficile.

Selon l’aménagement du logement, le salon peut devoir être réorganisé chaque matin. Le matériel peut prendre une place importante dans les rangements et certaines pièces être utilisées pour les siestes. Le soir, il faut parfois tout remettre en place pour que la famille retrouve ses espaces.

Le fait de travailler à domicile peut pourtant servir à minimiser le métier : puisque l’accueil se déroule à la maison, il serait plus facile ou moins exigeant.

Cette idée peut faire oublier les responsabilités. Observer un enfant, assurer la sécurité d’un groupe et répondre aux besoins de plusieurs enfants en même temps demandent des compétences, quel que soit le lieu.

Le domicile est un outil de travail. Le cadre familial ne rend ni la vigilance ni l’organisation moins professionnelles.

S’adapter aux familles a aussi des limites

L’accueil individuel peut répondre à des organisations familiales variées. Cette souplesse fait partie de ses avantages, mais elle repose sur le temps et l’organisation d’une personne.

Une réunion qui se prolonge, un planning donné tardivement ou une demande de changement de jour peuvent obliger l’assistante maternelle à revoir sa propre organisation. Les contraintes de travail du parent peuvent alors se répercuter sur la professionnelle qui accueille son enfant.

La difficulté peut devenir plus importante lorsque les changements s’accumulent. Selon l’organisation des contrats, une demande exceptionnelle pour chaque famille peut devenir fréquente à l’échelle de plusieurs employeurs.

Un départ plus tardif peut obliger à repousser un rendez-vous personnel. Un changement de planning peut compliquer une sortie avec les enfants. Des messages reçus le soir peuvent maintenir les préoccupations professionnelles après la journée, même sans réponse immédiate.

Pouvoir s’adapter ne signifie pas être disponible en permanence.

L’avenir du métier dépend aussi du respect de cette limite. Proposer des horaires particuliers peut répondre à un besoin local, à condition que ce soit un choix compatible avec la vie de la professionnelle et la qualité de l’accueil. Allonger toujours davantage les journées ne peut pas être une solution durable au manque de contrats.

L’isolement et le manque de reconnaissance

Travailler librement sans devoir tout gérer seule

Pouvoir organiser les journées, choisir les activités et construire une relation suivie avec les enfants fait partie des raisons d’apprécier ce métier.

Mais cette liberté peut aussi s’accompagner d’un manque de soutien. Lorsqu’un enfant pleure longtemps, qu’une relation avec un parent devient difficile ou qu’une situation pose question, aucune collègue n’est forcément présente pour échanger ou prendre momentanément le relais.

L’isolement ne se limite donc pas au manque de discussions entre adultes. Il peut aussi concerner les décisions à prendre seule et l’absence d’un autre regard lorsqu’une difficulté apparaît.

Les rencontres au relais petite enfance, les échanges entre collègues et les temps d’analyse des pratiques, qui permettent de réfléchir ensemble aux situations vécues, peuvent apporter du soutien. Les moyens dont disposent les relais petite enfance peuvent toutefois varier d’un territoire à l’autre, ce qui peut limiter les actions proposées. Encore faut-il pouvoir y participer : la distance, les horaires, les transports et le rythme des enfants peuvent compliquer les déplacements.

Deux assistantes maternelles qui rencontrent la même difficulté n’ont donc pas toujours les mêmes possibilités pour être aidées.

Des compétences prises pour des qualités naturelles

Apaiser une séparation, repérer une fatigue inhabituelle, accompagner un conflit entre enfants ou expliquer une observation aux parents demande des savoir-faire.

Pourtant, ces gestes peuvent être attribués à la patience, à l’habitude ou à un supposé instinct maternel. Lorsqu’ils sont bien réalisés, ils peuvent sembler naturels. Le travail nécessaire pour y parvenir risque alors de devenir moins visible.

Une matinée calme peut, par exemple, être le résultat d’une organisation réfléchie : avoir repéré la fatigue, évité de faire attendre les enfants trop longtemps, préparé un espace adapté et choisi des propositions qui répondent aux besoins de chacun. Une journée qui se passe bien ne signifie pas qu’il n’y a rien eu à faire.

Reconnaître le métier suppose donc de mieux comprendre ces compétences. La qualité du travail ne devrait pas être jugée au nombre d’activités photographiées ou de réalisations rapportées aux parents.

Les clichés sur les assistantes maternelles peuvent entretenir cette confusion : parce que les gestes ressemblent à ceux de la vie familiale, le métier paraît simple.

Quand le métier perd peu à peu son sens

Une assistante maternelle peut continuer à aimer travailler auprès des enfants tout en ne souhaitant plus exercer dans les mêmes conditions.

Le découragement peut apparaître lorsque le quotidien s’éloigne de la façon dont elle souhaite travailler : accepter des horaires difficiles pour gagner suffisamment, manquer de temps pour se former ou devoir régulièrement justifier des choix éducatifs pourtant réfléchis.

Il peut aussi venir du sentiment que les efforts fournis ne sont jamais reconnus. La qualité de l’accueil devient alors une exigence supplémentaire à assumer seule, sans soutien suffisant.

Des départs qui se préparent progressivement

L’expression « démissions silencieuses » peut désigner ici le fait de se détacher progressivement du métier. Elle ne correspond pas à une catégorie utilisée dans les statistiques, ni forcément à une démission au sens juridique.

Une professionnelle peut terminer ses contrats sans chercher tout de suite à les remplacer. Une autre peut repousser une formation ou préparer une reconversion avant d’arrêter son activité.

Il faut distinguer ces situations d’une réduction volontaire et satisfaisante du nombre d’enfants accueillis. Accueillir moins d’enfants peut être un choix réfléchi qui permet justement de continuer à travailler dans de meilleures conditions.

Pour comprendre un départ, il faut donc regarder ce qui s’est passé avant. Le manque de demandes, la fatigue, l’isolement et les difficultés d’organisation familiale ne nécessitent pas le même accompagnement.

Des parcours et des moyens différents

Les différences entre professionnelles ne se résument pas à une opposition entre les anciennes et les nouvelles générations.

Une assistante maternelle expérimentée peut être bien connue des familles de son secteur, tout en ayant du mal à faire reconnaître ses compétences pour exercer un autre métier. Une débutante peut avoir un diplôme de la petite enfance sans connaître encore les personnes et les services qui pourraient l’aider à démarrer.

L’ancienneté ne protège pas automatiquement contre une baisse des demandes. Un diplôme ne garantit pas non plus de trouver facilement ses premiers contrats.

Les conditions matérielles comptent également. Avoir une pièce réservée à l’accueil, pouvoir se déplacer facilement ou être soutenue par son entourage change les conditions de travail. Deux professionnelles aussi investies peuvent avoir des possibilités très différentes pour organiser leur accueil ou suivre une formation.

Les différences de pratiques entre les PMI constituent un autre sujet. Leur évolution est détaillée dans le point sur l’harmonisation des PMI et les suites du rapport IGAS.

Pour l’avenir du métier, l’enjeu est de reconnaître ces parcours différents sans opposer les diplômes, l’expérience et les années de travail. Ces acquis peuvent se compléter, à condition de pouvoir continuer à apprendre et transmettre ses connaissances.

Quatre priorités pour l’avenir du métier

1. Connaître les besoins avant les installations

Faire le point sur la situation locale devrait permettre de comparer les demandes des familles, les places réellement disponibles et les départs prévus.

Compter les places ne suffit pas. Il faut comprendre pourquoi certaines restent libres alors que des parents cherchent un accueil : jours qui ne correspondent pas, distance, date de début ou besoins particuliers.

Ces informations aideraient les nouvelles candidates à préparer leur projet et les professionnelles déjà installées à comprendre pourquoi leur activité évolue. Elles éviteraient aussi d’encourager de nouvelles installations simplement parce qu’il est question d’un manque d’assistantes maternelles à l’échelle nationale.

2. Soutenir celles qui exercent déjà

Maintenir les possibilités d’accueil suppose de soutenir les professionnelles déjà en activité.

Des échanges réguliers entre collègues, des temps pour réfléchir aux difficultés rencontrées et un accompagnement pendant les périodes compliquées peuvent éviter qu’une situation se dégrade.

Ces aides doivent être organisées de façon à pouvoir être utilisées. Une rencontre proposée trop loin ou pendant les heures d’accueil reste difficilement accessible, même si elle répond à un vrai besoin.

Travailler à plusieurs peut être utile, mais ne convient pas à tous les projets. Exercer en maison d’assistantes maternelles demande aussi de s’organiser en équipe, de trouver un local et de pouvoir en payer les frais. Ce ne peut pas être la seule réponse à l’isolement.

3. Reconnaître le travail et permettre d’évoluer

Mieux reconnaître le métier commence par rendre visible tout le travail réalisé : préparer l’accueil, observer les enfants, prévenir les difficultés, échanger avec les familles et adapter les journées aux besoins de chacun.

Cette reconnaissance suppose aussi de pouvoir évoluer. Transmettre son expérience, approfondir une compétence ou préparer un changement de métier ne devrait pas obliger à repartir de zéro.

Pour cela, il faut des parcours clairs : les qualifications nécessaires, les formations possibles et les aides pour les financer. Ces informations seraient plus utiles qu’une simple promesse de reconversion. L’expérience mérite d’être reconnue, même si elle ne permet pas, à elle seule, d’accéder à tous les postes de la petite enfance.

4. Associer les assmats aux décisions

Les assistantes maternelles peuvent expliquer ce qu’une liste de places libres ne montre pas : les demandes impossibles à combiner, les difficultés pour se déplacer, les journées qui s’allongent ou les raisons qui conduisent à accueillir moins d’enfants.

Leur participation aux réflexions et aux projets locaux permettrait de vérifier que les décisions tiennent compte du quotidien de l’accueil.

Encore faut-il leur permettre de participer. Si les échanges sont organisés uniquement en journée, les professionnelles qui travaillent sur ces horaires risquent de ne pas pouvoir donner leur avis.

L’avenir du métier ne dépendra pas seulement du nombre de nouvelles assistantes maternelles. Il dépendra aussi de la possibilité d’avoir une activité suffisamment stable, d’être aidée en cas de difficulté et de garder du temps pour sa vie personnelle.

Un métier attractif doit permettre de commencer, de continuer et d’évoluer. Ces trois possibilités doivent être prises en compte pour construire l’avenir de l’accueil individuel.

Des réponses à vos questions

FAQ

Le métier d’assistante maternelle va-t-il disparaître ?

La baisse des naissances ne permet pas de conclure à sa disparition. L’avenir du métier dépend des besoins dans chaque secteur, du remplacement des professionnelles qui partent et des conditions de travail. Trouver des contrats peut devenir plus difficile à certains endroits, alors que des familles restent sans solution ailleurs.

Pourquoi des places restent-elles libres ?

Une place disponible ne correspond pas forcément aux jours, aux horaires, à la date de début ou au lieu recherchés par les parents. Il faut aussi distinguer les places qu’une professionnelle choisit de ne pas utiliser de celles pour lesquelles elle cherche réellement un accueil.

Les retraites vont-elles faciliter la recherche de contrats ?

Elles peuvent créer des besoins dans certains secteurs, mais ne garantissent pas davantage de demandes pour chaque professionnelle. Les familles doivent pouvoir trouver une solution assez proche et adaptée à leur organisation.

Pourquoi les longues journées ne suffisent-elles pas ?

Une longue journée peut comprendre plusieurs périodes avec un seul enfant présent. Le niveau d’activité dépend aussi du nombre d’enfants accueillis, de la durée des contrats et de la façon dont leurs horaires se complètent dans la semaine.

Comment connaître les perspectives dans sa commune ?

Les échanges avec le relais petite enfance et les professionnelles du secteur peuvent aider à connaître les demandes, les places libres et les départs prévus. Il faut regarder les jours et les horaires recherchés, au-delà du seul nombre de jeunes enfants.

Pourquoi la reconnaissance compte-t-elle pour l’avenir ?

Lorsque les compétences, les contraintes et le travail de préparation sont peu visibles, les efforts nécessaires à l’accueil sont sous-estimés. Une meilleure reconnaissance doit se traduire par du soutien concret, des possibilités de formation et des perspectives pour évoluer.

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3 commentaires

  1. Bonjour. Je suis assistante maternelle en Mam et je suis aussi à l’origine d une pétition afin de créer un statut d Ass mat remplaçante en Mam. Je pense que ce statut serait bien afin de ne plus « angoisser » de tomber malade, se casser une jambe ou autre et du coup de laisser des parents dans l embarra et d avoir la crainte de notre côté de « perdre » le contrat. Voici le lien de la pétition :
    https://chng.it/ZwPzYLHKqJ
    Merci à vous.
    Il faut que l’on se mobilise pour faire avancer les choses !

    • Merci beaucoup pour votre message et pour cette initiative.
      Ce type de proposition mérite clairement d’être porté, surtout en MAM, où l’absence d’une professionnelle peut vite tout désorganiser.
      Il semble en effet essentiel de pouvoir être malade ou faire face à un imprévu sans craindre de perdre un contrat ou de laisser les familles démunies.
      Merci d’avoir pris le temps de partager cette piste concrète ici. C’est exactement ce genre de réflexion qu’il faut faire circuler si l’on veut faire évoluer les choses.

  2. Bonjour ici j’ai le cap petite enfance et pour mon 1 er renouvellement vous savez quoi je dois me présenter aux épreuves ep1 et ep3 du nouveau cap AEPE. Donc mon cap petite enfance ne me sert plus à rien ? Et donc c’est comme ça dans le 76 mais pas dans d’autre département c’est une injustice !!!!! Je n’ai pas envie de repasse ce diplôme c’est péjoratif pour moi . Cela ne m’apportera rien . Bonne journée

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