Comment devenir assistante maternelle agréée : démarches, formation et agrément

Article rédigé par Julie Questel, auteure du Grand Guide de l’Assistante Maternelle. Les informations présentées s’appuient sur le cadre réglementaire français, notamment les articles L421‑1 et suivants du Code de l’action sociale et des familles, le décret n°2021‑1131 du 30 août 2021 et le décret n°2018‑903 du 23 octobre 2018 relatif à la formation des assistants maternels.

Devenir assistante maternelle agréée ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut obtenir un agrément délivré par la Protection Maternelle et Infantile (PMI), suivre une formation obligatoire et remplir certaines conditions liées au logement, à la santé et à la capacité d’accueil.

Cet article explique les démarches pour devenir assistante maternelle : les étapes de l’agrément, les conditions à remplir et les premières démarches pour démarrer l’activité.

En France, on compte environ 280 000 assistantes maternelles agréées qui accueillent plus d’un million d’enfants chaque année. Ce mode d’accueil joue donc un rôle essentiel pour les familles. L’agrément délivré par la PMI existe justement pour garantir que les conditions d’accueil sont adaptées et sécurisées pour les enfants.

Certaines questions (salaire, matériel, organisation du métier…) seront simplement introduites ici puis détaillées dans des articles dédiés.

Sommaire

Les étapes pour devenir assistante maternelle agréée

Pour exercer légalement ce métier, il est obligatoire d’obtenir un agrément délivré par le président du conseil départemental, après évaluation par les services de la Protection Maternelle et Infantile.

Cet agrément autorise l’accueil d’un certain nombre d’enfants et confirme que les conditions d’accueil sont adaptées.

1. Déposer une demande d’agrément auprès de la PMI

La première démarche consiste à demander un dossier d’agrément auprès de la PMI de votre département.

Ce dossier permet de présenter votre projet d’accueil et votre situation personnelle.

Il comprend généralement :

  • un formulaire administratif

  • un justificatif d’identité

  • un justificatif de domicile

  • un certificat médical

  • une description de votre projet d’accueil

Cette étape peut paraître impressionnante au début, mais elle sert surtout à vérifier que votre projet est réfléchi et compatible avec l’accueil d’enfants.

2. L’instruction du dossier par la PMI

Une fois le dossier envoyé, la PMI va étudier votre demande d’agrément. Cette phase peut durer plusieurs semaines et correspond au temps pendant lequel les services du département vérifient que le dossier est complet et conforme.

Dans la pratique, après réception du dossier complet, un professionnel de la PMI prend généralement contact avec vous. Selon les départements, ce premier contact peut intervenir quelques jours après l’envoi du dossier ou plusieurs semaines plus tard.

Pendant cette période, les services de PMI examinent surtout les éléments administratifs du dossier et peuvent demander des précisions si certaines informations doivent être complétées.

Dans certains départements, une réunion d’information collective est organisée. Elle permet de présenter le métier, les responsabilités des assistantes maternelles et le déroulement de la procédure d’agrément.

Cette étape administrative prépare la suite de la procédure : la visite à domicile et l’entretien avec le professionnel de PMI, qui permettront ensuite d’évaluer concrètement les conditions d’accueil et votre projet professionnel.


3. La visite de la PMI à votre domicile

La visite à domicile est souvent l’étape qui inquiète le plus les futures assistantes maternelles. En réalité, il s’agit surtout d’un temps d’échange.

Un professionnel de la PMI se rend à votre domicile afin d’évaluer :

  • la sécurité du logement

  • l’organisation des espaces

  • les conditions d’accueil des enfants

Par exemple, la PMI vérifie généralement :

  • la présence de protections pour les escaliers

  • l’accès sécurisé aux produits dangereux

  • l’organisation des espaces de sommeil

  • l’espace disponible pour jouer

Mais la visite ne se limite pas au logement. Le professionnel va aussi échanger avec vous sur votre projet d’accueil : comment vous imaginez l’organisation de la journée, comment vous comptez accompagner les enfants, ou encore comment vous envisagez la relation avec les parents.

Pour se préparer sereinement, il peut être très utile de lire certains documents de référence avant la visite, notamment :

Ces documents permettent de mieux comprendre ce qui est attendu dans la pratique : sécurité, posture professionnelle, communication avec les familles ou encore respect du rythme de l’enfant.

👉 Un article complet sur ce sujet est disponible : Référentiel qualité petite enfance 2025 : ce qu’il change concrètement pour les assistantes maternelles.

Cette visite permet également de discuter de votre projet d’accueil et de répondre à vos questions.

👉 Un guide détaillé est proposé dans l’article : Comment réussir son entretien PMI et obtenir son agrément d’assistante maternelle

Dans Le Grand Guide de l’Assistante Maternelle, ces attentes sont également expliquées pas à pas, avec des exemples concrets de situations que les futures assistantes maternelles rencontrent souvent lors de la visite PMI.


4. La formation obligatoire

Avant d’accueillir un premier enfant, une formation initiale est obligatoire.

Elle comprend 120 heures de formation :

  • 80 heures avant le premier accueil

  • 40 heures dans les trois ans suivant le début de l’activité

Cette formation aborde notamment :

  • les besoins fondamentaux de l’enfant

  • la sécurité et la prévention des risques

  • le développement de l’enfant

  • le cadre juridique du métier

  • la relation avec les parents

Dans la plupart des départements, la formation est organisée directement par le conseil départemental ou par un organisme mandaté par celui‑ci. Les futures assistantes maternelles reçoivent généralement une convocation après l’obtention de l’agrément.

À ce stade, beaucoup de futures assistantes maternelles se posent des questions très concrètes : la formation est‑elle payante, est‑elle indemnisée et comment se déroulent les 40 heures complémentaires ?

La formation est financée par le département, ce qui signifie qu’elle n’est pas à payer par les assistantes maternelles. En revanche, elle n’est pas rémunérée. La répartition des heures dépend du département : dans beaucoup de cas, les 80 premières heures sont organisées sur environ un mois, mais le calendrier peut varier selon l’organisation locale.

Les 40 heures complémentaires doivent être réalisées dans les trois ans suivant le début de l’activité. Elles permettent d’approfondir certains aspects du métier après les premières expériences d’accueil.

Cette formation constitue une base importante pour démarrer, mais beaucoup d’éléments du métier s’apprennent ensuite avec la pratique : relation avec les parents, organisation quotidienne ou gestion administrative.

👉 Un article détaillé sera consacré à : Formation assistante maternelle : contenu et déroulement des 120 heures.


5. La décision d’agrément

Après l’étude du dossier et la visite à domicile, le conseil départemental prend une décision.

Le délai légal de réponse est de trois mois à partir de la réception du dossier complet.

L’agrément est accordé pour une durée de cinq ans, renouvelable. Lors du renouvellement, cette durée peut être portée à dix ans si l’assistante maternelle a validé les épreuves EP1 et EP3 du CAP Accompagnant Éducatif Petite Enfance (AEPE) ou un diplôme équivalent.

Trois situations sont possibles :

  • l’agrément est accordé

  • l’agrément est accordé avec certaines limitations

  • l’agrément est refusé

En l’absence de réponse dans ce délai, l’agrément est considéré comme accordé.

👉 Si la demande d’agrément est refusée, il est possible de comprendre les raisons et d’agir. Cet article explique en détail les motifs possibles et les recours après un refus d’agrément d’assistante maternelle.

Un enfant jouant avec des cubes colorés, activité d'éveil chez une assistante maternelle

Les conditions pour devenir assistante maternelle

L’agrément n’est accordé que si certaines conditions sont réunies.

Un logement sécurisé et adapté

Le logement doit permettre d’accueillir les enfants dans des conditions sûres et adaptées.

La PMI vérifie notamment :

  • la sécurité générale du logement

  • l’organisation des espaces

  • les conditions d’hygiène

  • la possibilité de proposer un espace de sommeil

👉 Le sujet sera détaillé dans l’article : Aménagement du logement pour assistante maternelle : sécurité et exigences de la PMI.


Des capacités éducatives et relationnelles

La PMI s’intéresse également aux qualités nécessaires pour exercer ce métier.

Lors de l’entretien ou de la visite, le professionnel peut par exemple chercher à comprendre :

  • comment vous réagiriez face aux pleurs d’un enfant

  • comment vous organiseriez une journée avec plusieurs enfants

  • comment vous communiqueriez avec les parents

  • comment vous respecteriez le rythme des enfants (sommeil, repas, activités)

Ce qui est observé, ce n’est pas la perfection, mais la façon dont vous réfléchissez à l’accueil des enfants.

Un projet d’accueil clair, cohérent et réfléchi est souvent un vrai point positif. C’est aussi pour cela que prendre le temps de lire certains documents avant la demande d’agrément peut être utile, comme la convention collective ou le référentiel qualité de l’accueil du jeune enfant.

Il ne s’agit pas d’être une professionnelle parfaite, mais de montrer que l’on est capable d’accueillir les enfants dans un cadre sécurisant et bienveillant.


Une aptitude médicale

Un certificat médical est demandé pour vérifier que votre état de santé est compatible avec l’accueil d’enfants.

Ce certificat est généralement établi par un médecin généraliste. Il atteste que votre état de santé vous permet d’exercer ce métier sur le plan physique et psychologique.

Il est également demandé d’être à jour de ses vaccinations, conformément aux recommandations sanitaires applicables aux professionnels accueillant de jeunes enfants.

L’objectif n’est pas d’écarter les candidates, mais de vérifier que les conditions de santé permettent d’assurer un accueil sécurisé et stable pour les enfants.

Aides financières et revenus au démarrage

Au moment de se lancer, plusieurs dispositifs peuvent aider les assistantes maternelles à s’installer.

La CAF propose notamment une prime d’installation d’environ 1200 € destinée à aider les assistantes maternelles à financer une partie du matériel et des aménagements nécessaires au démarrage de l’activité.

Selon les années, il peut aussi être utile de se rapprocher de l’IRCEM, qui propose parfois des aides ponctuelles pour accompagner l’installation ou le renouvellement d’activité des assistantes maternelles.

Il existe également le Prêt à l’Amélioration du Lieu d’Accueil (PALA) qui peut financer certains aménagements nécessaires à l’accueil des enfants.

👉 Les dispositifs sont détaillés dans l’article : Aides financières pour assistantes maternelles 

Concernant les revenus, plusieurs éléments entrent en jeu. Le revenu d’une assistante maternelle peut varier d’une situation à l’autre, car chaque accueil fait l’objet d’un contrat de travail avec les parents employeurs. La rémunération dépend donc de plusieurs facteurs :

  • le nombre d’enfants accueillis (dans la limite de l’agrément délivré par la PMI)

  • les horaires d’accueil et le nombre d’heures prévues au contrat

  • le tarif horaire pratiqué, qui peut varier selon les régions et l’expérience

L’indemnité d’entretien est obligatoire et permet de couvrir les dépenses liées à l’accueil de l’enfant (eau, électricité, matériel, jeux, entretien du logement…). À cela peuvent éventuellement s’ajouter d’autres indemnités prévues par la convention collective, comme les frais de repas lorsque l’assistante maternelle fournit les repas, ou les indemnités kilométriques si des déplacements sont prévus avec l’enfant.

👉 Un guide détaillé est disponible ici : Salaire assistante maternelle : calcul, indemnités et mensualisation. Cet article, rédigé à destination des parents employeurs, explique également comment la rémunération est calculée et peut être utile pour comprendre ce que prévoient les contrats.

Situations particulières

Certaines personnes envisagent ce métier dans des situations spécifiques.

Par exemple :

  • exercer en appartement

  • exercer en Maison d’Assistantes Maternelles (MAM)

  • se reconvertir après un autre métier

Ces situations sont possibles, mais elles impliquent parfois certaines conditions.

Dans certains cas, deux assistants maternels (par exemple un couple) peuvent également exercer dans le même logement et y accueillir des enfants, sous réserve des conditions fixées par leurs agréments respectifs et par la PMI.

👉 Des articles seront consacrés à :

  • Assistante maternelle en appartement : est‑ce possible ?

  • Maison d’Assistantes Maternelles : fonctionnement et démarches

  • Reconversion professionnelle en assistante maternelle

Trouver ses premiers contrats

Une fois l’agrément obtenu, il faut encore trouver ses premiers contrats.

Plusieurs solutions existent :

  • créer et tenir à jour son profil sur monenfant.fr (démarche obligatoire imposée par la PMI pour être visible par les parents)

  • se rapprocher du Relais Petite Enfance (RPE)

  • informer les familles autour de vous

  • utiliser certaines plateformes spécialisées

👉 Un guide détaillé sera proposé dans l’article : Comment trouver ses premiers contrats d’assistante maternelle.

Beaucoup de professionnelles découvrent à ce moment-là que les débuts demandent une certaine organisation : gestion administrative, communication avec les parents, préparation des documents.

Dans Le Grand Guide de l’Assistante Maternelle, toutes ces étapes sont détaillées pas à pas : constitution du dossier, préparation de la visite PMI, premiers contrats, gestion administrative et relation avec les familles. Plus de 200 pages pour accompagner non seulement les démarches d’agrément, mais aussi toute la pratique du métier au quotidien.

👉 Découvrir le guide

En résumé

Pour devenir assistante maternelle agréée, il faut :

  1. déposer un dossier auprès de la PMI

  2. recevoir la visite d’un professionnel à domicile

  3. suivre la formation obligatoire

  4. obtenir la décision d’agrément

  5. trouver ses premiers contrats

Ces étapes permettent ensuite d’exercer légalement ce métier essentiel de l’accueil du jeune enfant.

Des réponses à vos questions

FAQ

Le délai dépend principalement du traitement du dossier par la PMI. Une fois la demande d’agrément déposée avec un dossier complet, le conseil départemental dispose légalement de trois mois pour répondre. Ce délai comprend l’étude du dossier, la visite à domicile et l’évaluation du projet d’accueil. Une fois l’agrément accordé, il faut également suivre la première partie de la formation obligatoire (80 heures) avant de pouvoir accueillir un premier enfant.

Oui. Aucun diplôme spécifique n’est obligatoire pour demander l’agrément. En revanche, une formation obligatoire de 120 heures doit être suivie après l’obtention de l’agrément (dont 80 heures avant le premier accueil).

Les revenus dépendent du nombre d’enfants accueillis, des horaires d’accueil et du tarif pratiqué. Le tarif horaire ne peut toutefois pas être inférieur au minimum légal en vigueur fixé par la réglementation. Chaque contrat est conclu directement avec les parents employeurs. Les assistantes maternelles perçoivent également différentes indemnités (entretien, repas, kilométriques selon les cas).

Oui, il est tout à fait possible d’exercer en appartement. La PMI vérifie que le logement permet d’assurer la sécurité et le bien‑être des enfants, mais aussi que l’organisation du lieu est compatible avec l’accueil : présence d’escaliers ou d’ascenseur, accès au logement, possibilité de circuler avec une poussette, lieu où elle sera rangée, ou encore capacité à accompagner plusieurs enfants dans les déplacements quotidiens.

Non. Un extérieur n’est pas obligatoire pour obtenir l’agrément. En revanche, il est important de prévoir des sorties régulières (parcs, promenades, activités extérieures) pour permettre aux enfants de bouger et de découvrir leur environnement, notamment dans l’esprit des recommandations du référentiel qualité de l’accueil du jeune enfant 2025, qui insiste sur l’importance des expériences extérieures et de la découverte de l’environnement.

Oui. Beaucoup de personnes deviennent assistantes maternelles après une reconversion professionnelle. Les profils sont très variés : anciens métiers de la petite enfance, commerce, administratif ou autres secteurs. Ce qui compte avant tout est la capacité à accueillir les enfants dans de bonnes conditions.

Le nombre d’enfants dépend de l’agrément délivré par la PMI. En général, une assistante maternelle peut accueillir jusqu’à quatre enfants simultanément, mais ce nombre peut varier selon le logement, l’expérience et l’évaluation de la PMI.

Un refus d’agrément est possible si les conditions d’accueil ne sont pas jugées suffisantes. Dans ce cas, la décision doit être motivée et il est possible d’exercer un recours administratif pour demander une nouvelle étude du dossier.

Oui, certaines professionnelles choisissent d’exercer en Maison d’Assistantes Maternelles (MAM) ou d’accueillir des enfants dans un même lieu sous certaines conditions. Cette organisation nécessite des démarches spécifiques et un agrément adapté.

Image de Julie Questel

Julie Questel

Julie Questel est auteure du livre "Le Grand Guide de l'Assistante Maternelle, de l'agrément au quotidien" et fondatrice du site Chez Nounou Julie. Forte de son expérience d’assistante maternelle agréée, elle accompagne les assistantes maternelles et les professionnelles de la petite enfance dans leur pratique et aide les parents à mieux comprendre le développement et les besoins réels de leur enfant.

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